La loi ORE de 2018 a donné la possibilité aux universités de mettre en place des dispositifs "Oui si", de deux types : soit un renforcement pédagogique, sans allongement du cursus (hors redoublements éventuels), soit une année de mise à niveau préalable pour les nouveaux étudiants ne disposant pas de pré-requis suffisants pour pronostiquer des chances correctes de réussite.

Dans ce cadre, l'Université Grenoble Alpes a créé une année préparatoire à la Licence pour les parcours scientifiques : l'année propédeutique. Les étudiant.e.s admi.e.s dans ce parcours particulier n'intègrent donc pas directement la première année de Licence du parcours qu'ils.elles ont choisi. Objectif de cette année préparatoire : permettre aux étudiants d'acquérir le niveau scientifique d'un élève en fin de terminale S, afin d'avoir des chances raisonnables de réussir en L1 l'année suivante.

Une année propédeutique, pourquoi ?

Depuis des années, les enseignants qui interviennent dans les premières années des licences scientifiques de l'UGA, à commencer par les responsables de parcours et l'équipe de direction du DLST, ont  été confrontés à une extrême diversité de résultats selon les parcours antérieurs (https://dlst.univ-grenoble-alpes.fr/orientation/). Particulièrement problématique est l'importance de l'échec et des abandons en cours d'année chez les bacheliers autres que S.

La raison de cette situation est hélas simple : ces parcours de licence sont articulés avec la terminale S. Donc, un élève qui n'a pas suivi cette filière, ou qui n'a pas assimilé certaines des notions essentielles des programmes de sciences de la terminale S, a peu de chances de réussir car il démarrera l'année avec des lacunes quasi impossibles à combler en même temps qu'il devra apprendre des notions nouvelles... basées sur ces fondamentaux !!! En témoignent les résultats des étudiants de L1, en fonction de leur bac (et de la mention au bac), y compris pour les étudiants autre que bacheliers de l'année (redoublants, réorientés, étudiants ayant eu un parcours "à trou" avec des expériences autres qu'universitaires) : https://dlst.univ-grenoble-alpes.fr/medias/fichier/reussite-selon-bac_1511438599012-pdf?INLINE=FALSE.

Une année propédeutique, pour qui ?

Sont concernés par ce dispositif les étudiants issus de filières autres que S, hormis ceux qui auraient eu des résultats excellents dans les matières scientifiques. Certains bacheliers S peuvent également être concernés si leur niveau est particulièrement faible (seul un tiers des bacheliers S sans mention valident leur année du premier coup, et ceux qui ont obtenu leur baccalauréat avec une note inférieure à 10,5, ou après les épreuves du second groupe, ont des résultats en L1 équivalents à ceux des bacheliers autres que S).

Les meilleurs bacheliers autres que S et certains bacheliers S (niveau insuffisant en maths/physique/SVT) se verront, eux, orientés vers les dispositifs de renforcement disciplinaires, en particulier des tutorats obligatoires.

L'année propédeutique, ça se passe comment ?

En début d'année universitaire, des tests de connaissances - ceux que tous les étudiants inscrits en L1 passent, et quelques autres plus adaptés aux profils des étudiants concernés - ainsi que l'analyse des dossiers Parcoursup permettent de répartir les étudiants en groupes de niveau, afin de permettre aux enseignants de travailler au plus près des besoins de chacun. Des DS sont également possibles lors des premiers cours, uniquement pour situer les besoins des étudiants (les notes ne seront pas prises en compte pour la suite de l'année).

L'année est constituée de deux semestres de 12 semaines, à raison de 24h hebdomadaires :

  • enseignements disciplinaires, 15 h ;
  • travail sur l'orientation, 3h ;
  • tutorats, 6h (sous la responsabilité d'étudiants de L2, L3 ou master).

Les enseignements disciplinaires sont majoritairement assurés par des enseignants du secondaire, qui ont l'avantage de bien connaître les programmes de terminale S. :

  • au premier semestre, 7h30 de mathématiques, 4h30 de physique-chimie et 3h de français ;
  • au second semestre, mêmes matières, mais avec des volumes horaires parfois revus à la baisse pour laisser la place à d'autres enseignements disciplinaires (en lien avec le parcours pour lequel les étudiants ont candidaté) ou des enseignements universitaires tels qu'Enseignements Transversaux à Choix, voire certaines UEX (UE à choix).
Le travail sur le projet professionnel et d'études est encadré par les personnels de la Direction de l'Orientation et de l'Insertion Professionnelle (DOIP). Une attention particulière est donnée, pour ceux qui le souhaitent, à la préparation de nouvelles candidatures pour d'autres Licences, des BTS ou des IUT (via Parcoursup).

L'évaluation repose essentiellement sur du contrôle continu, sous la forme de DM et DS.

En début d'année, un contrat pédagogique précise les engagements réciproques de l'université et de l'étudiant :
  • pour l'UGA, il s'agit de proposer une formation en adéquation avec les besoins de l'étudiant, et l'intégration l'année suivante dans le parcours de L1 choisi par l'étudiant s'il réussit aux évaluations de l'année propédeutique ;
  • pour l'étudiant, il s'agit de faire tout son possible pour profiter de cette année de mise à niveau et acquérir les compétences nécessaires pour ses futures études)... ce qui veut dire un travail très intense et régulier.